Who's green ? Javier


Présentation de Javier Goyeneche fondateur en 2009 de la griffe espagnol Ecoalf visant le recyclage à 100%. La marque espagnole Ecoalf a réussi à se faire connaître dans le monde entier grâce à ses produits fabriqués à partir de déchets recueillis dans les océans.

Javier Goyeneche est un homme inspiré. Il y a plus de dix ans, cet entrepreneur espagnol a pris conscience des quantités incommensurables de plastique qui sont utilisées chaque année, et dont une grande partie finit par se retrouver dans les océans. Il décide alors de s’intéresser à la manière dont ces déchets pourraient être réutilisés. 

Il lance alors Ecoalf, une marque de mode dont les pièces sont confectionnées à partir de déchets recyclés. Pionnière dans son domaine, elle recycle des filets de pêche inutilisables (les pêcheurs les changent tous les cinq à six ans et nombre d’entre eux se retrouvent au fond de l’océan), des bouteilles en plastique, des pneus et même du marc de café. Ecoalf est ainsi parvenue à fabriquer pas moins de 98 tissus recyclés dont le toucher est identique à celui d’une matière traditionnelle, en s’appuyant sur des technologies de pointe. 

70 bouteilles en plastiques sont nécessaires pour produire un mètre de tissu, tandis que la fabrication d’une veste en nécessite 80. « L’idée était de créer une marque qui soit vraiment durable, et des vêtements à partir de matériaux recyclés sans qu’ils en aient l’air », explique-t-il. Les collections mettent à l’honneur des pièces à l’esprit sportswear et aux coupes épurées, telles que des chemises ou des combinaisons amples, des cirés ou des pantalons larges… Mais aussi des sacs à main et une basket entièrement réalisée à partir de bouteilles en plastique recyclées.

En plus de ce pari ambitieux, Javier Goyeneche initie des opérations locales. À travers son projet « Upcycling the Oceans», il s’est associé à plus de 4 000 pêcheurs volontaires en Espagne et en Thaïlande, dans l’optique de recycler le plastique et les déchets qu’ils récoltent dans leurs filets pour les transformer en vêtements. Un projet porteur d’espoir, puisque plus de 330 tonnes ont ainsi été récupérées depuis 2015.

Comment a été accueillie votre utilisation assez radicale de matières recyclées dans le milieu de la mode ?

Cinq ans après la création d’Ecoalf, je dois constater que notre concept est bien installé, bien au-delà du marché espagnol. Bien reconnue par le public, cette approche nous a évidemment permis de nous différencier. Dans cette aventure, le plus difficile a été de démontrer que nous étions capable de réaliser des produits avec des matières recyclées qui présentaient le même aspect, la même texture et les propriétés techniques exigées pour les meilleurs produits non recyclés commercialisés par les grandes marques de vêtements et d’accessoires.

 

Comment le monde de la pêche a-t-il accueilli votre idée de recycler les vieux filets de pêche en textiles ?

Dans un pays de vieille tradition maritime comme l’Espagne, notre démarche a séduit d’emblée tous ceux qui se préoccupent de l’avenir des océans. Le recyclage des filets de pêche s’inscrit parfaitement dans la série des projets visant à recycler également les déchets portuaires et marins

 

Venitz - le