Axelle Tessandier


Dans le cadre du blog "Conscious People" by Venitz, nous interviewons les acteurs de la transition verte pour en savoir plus sur les derrières de leurs engagements. Aujourd'hui, voici l'histoire d'Axelle Tessandier.

 

Bonjour à tous, je suis Axelle Tessandier, je crée et écris …

Aujourd’hui, je dédie une grande partie de mon quotidien à créer et m’inspirer de personnes qui font bouger les choses … C’est difficile de décrire mon quotidien car il dépend des cycles et projets dans lesquels je suis, ou les entre-deux. 

Mon engagement éco-responsable, je le dois à un déclic, une prise de conscience :  Le déclic s’est fait sur plusieurs années, avec des lectures (récemment, « Raviver les braises du vivant : Un front commun » de Baptise Morizot m’a beaucoup marquée; une approche holistique qui invite à redéfinir notre rapport non pas à la planète uniquement mais au « vivant »), des documentaires, les effets concrets aussi sous nos yeux. Je dirais que devenir végétarienne il y a plusieurs années a été aussi le premier pas très important. 

En ce sens, je suis engagée tout le temps ! Je crois que votre vie est votre message et que tout parle de votre vision. Je ne suis pas parfaite, et comme tout le monde, je dois faire face à des contradictions. J’essaie d’accompagner des associations qui me tiennent à coeur, mais encore une fois, un engagement peut prendre mille formes. La façon dont l’on se comporte avec les autres, avec l’environnement qui nous entoure est déjà une façon de dire « Voilà qui je suis ».

La manière dont je perçois le monde autour de moi et dont j’interagis avec les autres a fortement a été influencé par le fait d’habiter dans plusieurs pays étrangers, d’avoir eu la chance d’habiter pendant deux mois à Berlin avec quatorze nationalités (nous vivons tous au même endroit, et il y a beaucoup de choses qui nous rapprochent, quels que soient nos âges, cultures, expériences …). L’expérience humaine est une base commune, et nos singularités respectives une chance. J’essaie de me rappeler ce qui nous lie, tout en n’oubliant jamais que chacun est le fruit d’un parcours, fait grandes joies et blessures. Je crois que notre rapport aux autres est aussi influencé par notre histoire personnelle, et par la relation que l’on entretient avec soi-même … 

Puisque l’on s’attarde sur les voyages, laissez-moi vous raconter une anecdote. Quand j’habitais à Berlin en 2009, nous étions 28 résidents habitant ensemble pour un projet appelé Palomar5 (nous devions créer des projets pour la génération numérique, notamment sur le « Futur du travail »). Un jour, il y a une dispute dans le groupe (je vous laisse imaginer 28 jeunes entre 18 et 30 ans vivant ensemble … passionnant mais pas toujours évident). Et l’un de mes camarades anglais me dit « Axelle, tu es tellement française !! » en plein milieu de la tension générale où les points de vue divergeaient sur la suite du projet. Je réponds agacée « Mais qu’est-ce que ça veut dire???? - Tu crois que tout est politique et que tu as toujours raison !! - Pas faux » ai-je dû reconnaitre. Nous avons ri. Le rire crée toujours des ponts … C’était il y a 12 ans. 

Deuxième anecdote bonus sur Palomar : L’une de mes meilleures amies est l’une des personnes rencontrées là-bas. Nous n’avons pas le même âge, pas la même culture, pas la même nationalité, nous ne vivons pas sur le même continent. Elle m’apprend tant, nourris ma vision du monde, et nous rions toujours autant. Je me sens toujours aussi proche d’elle malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent et nos biographies différentes. Sagarika, si tu lis ces lignes, I love you.

Je pense souvent à cette phrase : « Become friends with people who aren't your age. Hang out with people whose first language isn't the same as yours. Get to know someone who doesn't come from your social class. This is how you see the world. This is how you grow. »

J’aime à penser que la volonté de soutenir les nobles causes est contagieuse. Alors si je devais donner un conseil à ceux qui n’ont pas encore sauté le pas : Si vous pensez que vous êtes trop petit pour faire la différence, essayez de dormir avec un moustique dans votre chambre.

Puis soyez le moustique !

Il n’y a pas d’action qui ne fasse pas la différence. Et quand on croit faire quelque chose pour les autres, on se rend compte que c’est aussi soi qui se transforme et s’enrichit. Une fois qu’on a essayé de s’engager, on ne revient jamais en arrière ! Cela donne une nouvelle dimension à beaucoup de choses.

Et trouvez une communauté qui va vous aider à franchir les premiers pas. Cela porte de se sentir entouré !

Pour autant, adopter un mode de vie plus éthique et responsable n’est pas un processus linéaire, moi-même je fais des achats qui ne sont pas toujours écoresponsables. Ma salle de bain est encore pleine d’emballages, je passe devant le shampoing solide en me disant « allez la prochaine fois », et je sais que je continue à me planter parfois sur les tris de mes déchets. 

Puis nous avons laissé la liberté à notre invitée de s'exprimer sur la cause environnementale dans un registre plus poétique, presque lyrique ...

Les rayons orangés du soleil couchant courent sur les rochers abrupts qui bordent l’océan, les coquillages roucoulent - bercés par la houle -, le brouhaha de la ville s’endort derrière la légère brume qui se lève. Le vent me susurre un mot à l’oreille : tu es là où tu dois être … 

Il ne m’inspire que gratitude, et une certaine force …

L’eau m’effleure, je soulève la tête en un soupir et mes yeux rencontrent les étoiles qui brillent de leur belle lueur pâle. Je suis submergé par une vague de sentiments, voire de ressentiments. Chère, Nature, tu peux très bien te passer de moi, et l’inverse n’est pas vrai. Il serait temps que nous nous en rappelions tous. Pas uniquement quand ta beauté nous submerge ou quand nous prenons le temps de t’observer. Mais en permanence, comme une façon d’être, de vivre et de ressentir le monde, de ressentir le vivant. Dont nous faisons partie. Arrêtons de te regarder de haut, ou comme une ressource à ma disposition. Chère nature, je n’aime pas cette idée de séparation. Chère nature, tu es en moi. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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